Pic de chaleur dans le Morbihan et Conditions de Travail

Conditions de Travail Vie du syndicat

Comme 8 autres départements de l’Ouest, le Morbihan a été placé en vigilance orange pour canicule ce mardi. Ce premier épisode de très fortes chaleurs fera monter le thermomètre dans de nombreuses salles de classe, dégradant ainsi les conditions d’accueil des élèves et les conditions de travail des personnels.

Avant que la situation ne devienne insupportable, il est important de signaler toute dégradation de nos conditions de travail dans le registre santé et sécurité au travail (RSST).

Chaleur et conditions de travail

Si la législation ne prévoit pas de seuil de température à partir duquel l’employeur doit agir, ni de température à partir de laquelle il est interdit de travailler, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère comme dangereux un travail physique au-delà de 28 °C et un travail sédentaire au-delà de 30 °C.

En effet, la chaleur peut avoir de lourdes conséquences sur la santé : maux de tête, perte de concentration, nausées ou vomissements, déshydratation… Certains personnels peuvent être particulièrement vulnérables à ces risques en raison de leur âge ou de pathologies particulières.

Bâtiments inadaptés

Nous sommes nombreux·ses à constater que les bâtiments scolaires ne sont pas adaptés aux périodes de fortes chaleurs. Ce constat a été documenté dans un rapport publié par l’Alliance écologique et sociale (AES) en septembre 2025.

En effet, nombre de ces bâtiments ont été construits lors de la massification de l’enseignement, sans mise en œuvre de mesures de confort thermique : isolation, protections solaires… Si certaines collectivités commencent à prendre en compte ces nouvelles exigences dans la construction et la rénovation des bâtiments, nous sommes encore nombreux·ses à travailler dans des bâtiments inadaptés.

Un employeur déficient

Alors que les risques pour notre santé sont connus, notre employeur peine à mettre en œuvre les mesures permettant d’assurer notre santé et notre sécurité. Ces mesures, pourtant renforcées par un décret publié l’année dernière, passent par :

  • L’évaluation des risques : l’ensemble des risques doit être recensé dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Ce document, qui doit être mis à jour chaque année et accessible à l’ensemble des personnels, n’existe tout simplement pas dans la plupart des établissements scolaires. En période de fortes chaleurs, ces risques doivent être réévalués quotidiennement, notamment pour les personnels présentant des fragilités. Actuellement, rares sont les classes disposant de thermomètres permettant d’évaluer l’évolution de la température.
  • L’information : l’employeur doit informer les personnels des risques professionnels liés aux épisodes de fortes chaleurs et des comportements à adopter. Cette information doit être diffusée tout au long de l’année, mais tout particulièrement dès que le niveau de vigilance jaune canicule est franchi. Alors que Météo-France a placé le Morbihan en vigilance orange, aucune communication de la part de la direction académique à destination des personnels n’a encore été initiée.
  • La mise en place de mesures de prévention : réaffectation dans des salles moins exposées à la chaleur, réduction du temps de travail, protection des personnels les plus vulnérables, limitation du rayonnement solaire, diffusion de consignes sur les comportements à adopter (aération la nuit, fermeture des volets en journée, etc.).

Tous les ans, c’est la même chose : l’Éducation nationale réagit trop tard, lorsque la presse commence à trouver qu’il fait trop chaud dans les classes.

Comment réagir ?

Avant que la situation ne devienne insupportable, il est urgent de réagir et de faire remonter auprès de notre employeur les risques pour notre santé :

  • Demander que les risques liés à la chaleur soient correctement évalués. Cela peut passer par l’installation de thermomètres dans les salles de classe ou par des relevés réguliers de la température.
  • En cas de vulnérabilité liée à l’âge ou à votre état de santé, il est important d’informer votre supérieur hiérarchique (inspecteur ou chef d’établissement) afin qu’il puisse prendre les mesures adaptées.
  • Déposer une fiche dans le registre santé et sécurité au travail (RSST), dans la famille de risque 11 « Risques liés aux ambiances thermiques », afin d’informer vos représentants de la dégradation de vos conditions de travail et de leur permettre d’intervenir auprès de l’administration. Nous rappelons que le RSST est accessible depuis le portail Toutatice.
  • Contacter la CGT éduc’action 56 si vous avez des questions sur le comportement à adopter.